Le canal de Chelles

Le canal de Chelles

Canal de ChellesLe canal de Chelles, parallèle à la Marne entre Vaires-sur-Marne et Neuilly-sur-Marne, traverse Chelles dans la partie sud de la ville. Il permet de contourner le barrage de Noisiel et d’éviter les eaux peu profondes au niveau de la réserve des îles de Chelles.

 

La décision de construire un canal pour améliorer la circulation sur la Marne remonte au début du 19e siècle. Elle émane de Napoléon 1er, premier empereur des Français qui, en 1809, prévoit le creusement d’un canal à Chelles et d’un autre à Saint-Maur. Mais seul ce dernier sera construit de 1810 à 1825.

Le projet est ajourné jusqu’à la Révolution de 1848 et l’instauration de la IIe République. Dans le premier gouvernement provisoire, le portefeuille des Travaux publics échoit à Alexandre Marie de Saint-Georges qui organisa les Ateliers nationaux. Des centaines de milliers d’ouvriers sont alors disponibles pour la construction d’ouvrages demandant une main d’œuvre nombreuse et peu spécialisée.

Le chantier du canal de Chelles, qui doit relier Vaires-sur-Marne à Neuilly-sur-Marne sur près de neuf kilomètres, est alors lancé. Il a pour intérêt d’éviter la partie peu navigable de la Marne qui accuse, sur ce tronçon, une dénivellation de 5,50 mètres, et de contourner les sauts rocheux de Chelles, particulièrement dangereux durant la période sèche. Mais les crédits votés se révèlent insuffisants et les travaux s’interrompent dès l’année suivante alors que les terrassements sont déjà bien avancés. Ils ne reprendront que douze ans plus tard, douze années durant lesquelles les habitants connaîtront bien des désagréments.

Canal de Chelles - entrée

En effet, de nombreux chemins ont été coupés par la tranchée large de quinze mètres sans qu’aucun pont de franchissement n’ait été construit ; seules quelques passerelles ont été établies provisoirement. Les quelque 300 Vairois de l’époque se trouvaient ainsi séparés du seul bac qui leur permettait de traverser la rivière. Alors que les déplacements sont devenus laborieux, notamment pour le transit des troupeaux, de surcroît, les abords du canal abandonné sont encombrés de monticules de terre d’excavation qui se transforment bientôt en marécages, en lieu et place de surfaces autrefois cultivées.

Ce n’est qu’en 1861, sous le Second empire, que des crédits seront débloqués pour poursuivre les travaux ; ils ne seront plus interrompus avant la mise en eau et l’ouverture à la navigation, en 1865. L’entrée et la sortie du canal se font par deux écluses identiques : celle de Vaires en amont, où le niveau du canal se trouve 1,50 mètre en dessous du niveau de la Marne, et celle de Neuilly en aval, où le canal est alors 4 mètres au-dessus du niveau de la rivière. Toutes deux mesurent 51 mètres de long et 7,80 mètres de large.

Canal de Chelles : passage de l'écluse

Les péniches qui les empruntent transportent surtout des marchandises non périssables : beaucoup de bois, mais aussi du sable. Elles sont halées le plus souvent par des chevaux, parfois par des remorqueurs à vapeur. C’est par batellerie que seront acheminés la plupart des matériaux nécessaires à la construction du lotissement de Vaires, à partir de 1908 et durant la Belle-Époque ; en moins de vingt ans, la population de la ville sera multipliée par 10.

Le canal perdra progressivement de son intérêt économique au cours du 20e siècle, à mesure que les transports ferrés et routiers de marchandise prendront le pas sur la batellerie. Il restera néanmoins très utilisé pour le ravitaillement en charbon de la centrale thermique de Vaires, qui connaîtra une activité de production électrique soutenue de 1965 à 1995, avant de décroître et de s’arrêter en 2005.

Aujourd’hui, le canal est davantage utilisé pour la navigation de plaisance, et ses berges sont désormais très appréciées des cyclistes, joggeurs et promeneurs depuis que la Communauté d’agglomération y a inauguré, en 2011, une voie verte qui assure la continuité de la liaison cyclable reliant Paris à Pomponne via les bords de Marne.