La forêt de Ferrières

La forêt de Ferrières

Forête de FerrièresJadis propriété de la famille de Rothschild, la forêt de Ferrières s’étend sur plus de 3 000 hectares. Plus vaste espace boisé de l’Est parisien, elle porte la marque de grands paysagistes avec ses vastes allées, sa superbe flore et ses ambiances variées.


Le plus vaste espace boisé de l’Est parisien

La forêt de Ferrières, qui s’étend autour du parc du château du même nom, est située à 24 km de la capitale, en Seine-et-Marne, au sud de la Ville Nouvelle de Marne-la-Vallée et en limite du plateau de la Brie. Elle forme, avec la forêt domaniale d’Armainvilliers, le plus vaste espace boisé de l’Est parisien.

Au bonheur des promeneurs

La forêt régionale de Ferrières est une forêt humide, au relief peu marqué. Le chêne y est largement dominant mais une très grande diversité d’essences l’accompagnent : châtaigniers sur les sols sableux de l’Est de la forêt, ou encore frênes, tilleuls, érables, merisiers, bouleaux et trembles sont disséminés à travers la forêt. Ces arbres sont un refuge propice pour les nombreuses espèces d’oiseaux.

Dans les fourrés, chevreuils, cerfs, sangliers, lapins, écureuils et renards profitent de cet habitat somptueux, pour la plus grande joie des promeneurs. De larges clairières invitent au repos ou se transforment, le temps du week-end, en aires de jeux pour les enfants. Par ailleurs, le sentier de Grande Randonnée qui traverse le massif de part en part offre aux marcheurs des séquences idylliques, à l’instar des abords de la mare du Cormier, sans oublier la cueillette du muguet ou le ramassage des châtaignes.

Forêt de Ferrières

La marque des plus grands paysagistes

Jadis, la forêt de Ferrières faisait partie intégrante de la vaste Brigia Sylva qui regroupait l’actuelle forêt Notre-Dame et les forêts voisines de Crécy, Malvoisine, Armainvilliers et Coubert. Son nom provient des nombreuses exploitations de minerai de fer qui y existaient au Moyen-Age.

Religieux, séculiers puis particuliers se sont tour à tour partagé le massif forestier, avant que la famille de Rothschild ne l’acquière en 1829. Elle y fit construire un château par l’architecte anglais Joseph Paxton et aménager le domaine par les plus grands jardiniers et paysagistes. On leur doit notamment la majestueuse allée de séquoias, l’allée de la Ferrandière bordée d’alignements de platanes, et les essences remarquables présentes jusque dans le village.

En 1973, la Région Île-de-France rachète la forêt de Ferrières à la famille de Rothschild afin de la préserver de l’urbanisation environnante et de l’ouvrir au public. Placée sous gestion de l’Agence régionale des Espaces Verts (AEV), elle constitue, aujourd’hui encore, un rempart solide contre les avancées urbaines de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, Collégien, Ferrières-en-Brie au Nord, et celles de la ville de Roissy-en-Brie, à l’Ouest.

Dans les coulisses d’une forêt laboratoire

Concilier large ouverture au public et préservation des espaces naturels, c’est la mission que s’est fixée l’AEV en forêt de Ferrières. Ce massif constitue en effet une respiration essentielle à l’est parisien, et il devient, sous son impulsion, un laboratoire durable et exemplaire unique en France.

Plus grande forêt gérée par l’Agence, Ferrières est aussi, après Fontainebleau et Rambouillet, le plus vaste massif forestier d’Ile-de-France. Sa position d’interface entre l’urbain et le rural encourageait par ailleurs la conduite d’expériences de gestion innovantes, quitte à surprendre.

Déjà la famille de Rothschild avait innové à sa manière. Pas uniquement à travers l’architecture à l’anglaise du château, témoignage du second Empire unique en son genre en Île-de-France, mais aussi par les plantations, notamment l’allée de séquoias, les cèdres bleus, les hêtres pourpres et les 27 km de haies qui longeaient la propriété. Autre legs de la famille : des cerfs sika introduits à l’origine dans le parc du château. Originaire d’Asie orientale, le majestueux animal, devenu l’emblème de la Ville de Pontcarré, gambade désormais en liberté dans la forêt.

L’étendue, l’emplacement entre ville et campagne et la tradition innovante de cet immense massif forestier sont donc à la genèse d’un chantier pilote nommé « Ferrières, forêt laboratoire ». Accéléré par l’arrivée à terme du Plan de gestion sylvicole, il affiche un double enjeu : valoriser la forêt pour accroitre sa fréquentation, tout en sensibilisant le public à la gestion durable et innovante voulue par l’AEV.

Accueillir un plus large public…

La raison est d’abord historique : les forêts de Rambouillet et de Fontainebleau – premier parc naturel au monde – sont publiques depuis très longtemps. Ferrières n’est accessible que depuis 1973, date d’acquisition par l’AEV.

Premier point : l’accessibilité. Aujourd’hui, 80% des visiteurs viennent en voiture, 12% en vélo et… 0% en transports en commun. Pour promouvoir une mobilité plus durable, l’AEV étudie donc, en partenariat avec la SNCF, la possibilité de louer des vélos dans les gares proches ou de les embarquer dans les trains. L’accès en voiture ne pouvant être supprimé, les équipes travaillent sur des parkings directement connectés à certains chemins de promenade. Précisons que chaque action d’aménagement et d’entretien se fait dorénavant sans bitume et sans produit chimique.

Deuxième enjeu : une meilleure valorisation de l’existant. L’étude révèle que Ferrières, dont les 2/3 des visiteurs sont pourtant des riverains (les ¾ sont Seine-et-Marnais), est mal identifiée. Les personnes interrogées ne lui voient pas de caractère remarquable, malgré une réelle diversité des paysages (forêt familière, forêt sauvage, forêt domestiquée, carrière…). Quant aux études archéologique, sylvicole, paysagère et écologique, menées entre 2005 et 2010, elles ont révélé une flore, une faune et une histoire remarquables. « Pour identifier ses ambiances, chaque m2 de la forêt a été parcouru. Nous avons même recouru au scanner aéroporté, un outil rare qui permet d’identifier d’anciennes traces historiques sur le site », explique Eric Goulouzelle, Directeur général adjoint de l’AEV.

Il s’agit enfin d’étendre les usages de la forêt. Détente, loisirs et sport sont les activités traditionnelles pratiquées à Ferrières, essentiellement en famille. Le projet de « forêt laboratoire » veut s’adresser à un public plus large : les passionnés de nature (signalétique et mobiliers pédagogiques, projet d’habitat en forêt avec empreinte écologique nulle, etc.), les jeunes (audio-guides téléchargeables sur smartphone) ou les personnes atteintes de handicap (panneaux en braille, possibilité de charger des fauteuils roulants sur quads électriques).

… et sensibiliser aux nouveaux enjeux de la forêt durable

Au-delà de l’accroissement de sa fréquentation, l’enjeu est de diffuser une éducation « multi-usages » de la forêt qui passe une évolution des perceptions. Le public urbain, devenu très sensible à ses forêts, est presque choqué à chaque fois qu’un arbre est coupé. Il appartient à l’AEV d’expliquer, de façon pédagogique, la façon dont elle gère et exploite Ferrières. Expliquer par exemple la manière dont elle va faire cohabiter des zones d’exploitation avec des zones non exploitées, où la nature reprendra tous ses droits. Tout en mesurant, après quelques années, les conséquences faunistiques et floristiques de ces initiatives.

De telles actions en faveur de la biodiversité vont se multiplier. Une réserve biologique intégrale, excluant toute présence et toute action humaine, est par exemple à l’étude. Il est également envisagé de suspendre le « drainage » aux bords de certains rus (150 hectares concernés) pour revenir à des conditions de nature moins contraintes, restaurer les nappes d’eau et réintroduire une biodiversité liée aux milieux humides (aulnes, frênes…).

Autre mesure porteuse de biodiversité associée : porter la durée de vie des chênes de 120-140 ans à 200-220 ans pour augmenter le volume de carbone fixé. Cette idée, dont la portée est également économique, est en discussion. « L’ambition est de développer sur place un véritable « métabolisme territorial » fondé sur des circuits courts, résume Eric Goulouzelle. La carrière, à proximité, sera par exemple restaurée. Son sable équipera nos chemins et parkings et l’on peut espérer le retour des hirondelles de rivages qui nichent dans les falaises sableuses ».

Fiche d’identité

  • Superficie : 3157 ha
  • Date de création du territoire : 1972
  • Communes de situation : Bussy-saint-Georges, Collégien, Croissy-Beaubourg, Favières, Ferrières-en-Brie, Jossigny, Pontcarré, Roissy-en-Brie, Villeneuve-Saint-Denis
  • Faune : Chevreuils, Cerf Sika, sanglier, lapin, écureuil, renard
  • Flore : Chêne, châtaignier, frêne, tilleul, érable, merisier, Alisier torminal, bouleau, tremble…