La Francilienne

La Francilienne

Aggloméation Paris - Vallée de la Marne3e boulevard périphérique de la région parisienne, la Francilienne constitue un trait d’union de l’Agglomération Paris – Vallée de la Marne, reliant son territoire depuis Courtry au nord jusqu’à Pontault-Combault au sud.

La Francilienne est une succession de voies rapides de 160 km (projet encore inachevé à l’ouest) ceinturant Paris à une distance de 30 à 40 km du centre de la capitale. Celle qui s’appelait à l’origine la Rocade interdépartementale des Villes Nouvelles était donc destinée à relier les grands pôles parisiens créés dans les années soixante-dix que sont Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée, Sénart, Évry et Saint-Quentin en Yvelines.

Les objectifs de cet aménagement routier étaient multiples. Il s’agissait tout d’abord d’assurer ainsi le développement des villes nouvelles, de faciliter les relations entre les principaux centres urbains autres que Paris, mais aussi de réorganiser les transports dans la zone centrale tout en permettant l’insertion du système régional de transport dans le réseau national et international.

Faciliter le contournement de Paris

Le tracé de la Francilienne n’est pas issu d’un grand tracé nouveau clairement défini par un plan directeur, comme l’ont été la plupart des grandes autoroutes autour de Paris, notamment l’A86 et le boulevard périphérique. Elle est plus une idée qu’un tracé : relier les polarités de périphérie et faciliter le contournement de Paris. Cette nouvelle rocade se construit alors progressivement en se servant de tracés existants. Ce qui permet de diminuer les coûts de construction et les problèmes d’expropriation.

Elle est un assemblage successif de plusieurs voiries existantes qui ont été réaménagées puis reliées par quelques nouveaux tronçons. Seuls les tronçons de la F6 et la G4 (A104), issus du Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) de 1965, étaient déjà en voie rapide. Les autres sont des portions de routes nationales ou départementales plus ou moins anciennes qui ont été déclassées puis réaménagées en voie express. A l’exemple de la N184, au Nord-Ouest, construite en 1824, réaménagée au début des années 1980 en voie rapide à 2×2 voies et inaugurée en tant que portion de la nouvelle rocade en 1985.

De la RIVN à la Francilienne

Bien que plusieurs de ses tronçons aient déjà été inaugurés, c’est Michel Giraud, alors président de la région Ile-de-France, qui rebaptise en 1987 la Rocade Interdépartementale des Villes Nouvelles pour la nommer la Francilienne, du nom des habitants de l’Ile-de-France. Bien que la Francilienne ait les caractéristiques d’une voie rapide, l’hétérogénéité des typologies viaires qui la compose rappelle clairement la manière dont elle a été construite. Plus connue sous le nom de N104 ou de A104, elle comprend en fait 11 nominations différentes : un mixte de 8 nationales et de 4 autoroutes. A l’inverse, les deux autres périphériques parisiens sont considérés dans leur totalité et depuis leur création comme des autoroutes.

La Francilienne s’arrête pour l’instant en cul-de-sac à Cergy Pontoise et délaisse ainsi tous les territoires de Méry-sur-Oise à Saint-Quentin en Yvelines. Pour finir cette partie, il est prévu la construction de deux tronçons, au Sud-Ouest et au Nord-Ouest, qui viendraient s’appuyer sur les portions de l’A13 et l’A12, les deux premières autoroutes de dégagement de Paris, nées du plan Prost de 1934. En 2006, l’État avait repris les études sur ce tronçon, donnant lieu à la proposition de cinq tracés s’appuyant sur des voies existantes pour la majeure partie de leur parcours, dans la logique constructive de la rocade.

Un tracé encore inachevé

Dans le planning initial, les études et la concertation devaient s’achever en 2009, pour commencer la construction en 2011 et pouvoir mettre en service la portion manquante en 2015. Mais face à la forte opposition des habitants et des élus au passage de la Francilienne dans leurs communes, s’indignant des nuisances que ce type d’infrastructure lourde impose à ses riverains, ajoutée à la réduction du budget de l’État pour le développement des infrastructures, le projet a été à nouveau gelé et repoussé au-delà de 2020, voire de 2030. D’ici là, son tracé aura le temps d’être à nouveau débattu.

De même, la section Est de la Francilienne était interrompue jusqu’en 2016 par l’impossibilité de relier sa section en tronc commun avec l’A1 à la section Nord de la Francilienne. Depuis, l’échangeur avec l’A1 a été complété pour réaliser cette continuité. A moyen terme, la construction d’un nouveau tronçon longeant l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle par l’Est est en projet pour relier les sections Est et Nord de la Francilienne. Le projet consiste à aménager aux normes autoroutières la RN1184 et construire une voie parallèle dédiée au trafic local.

L’élargissement de la Francilienne entre A4 et RN4

Le tronçon de la Francilienne compris entre l’A4 et la RN4, long de 8 km, supporte un trafic important qui peut atteindre 115 000 véhicules par jour dans les deux sens. Les conditions de circulation y sont rendues difficiles par plusieurs facteurs : les nombreux échanges autour de Marne-la-Vallée, l’augmentation de la circulation et la complexité de l’échangeur entre l’A4 et la Francilienne.

Afin d’améliorer les conditions de circulation et de sécurité et d’offrir un cadre de vie plus apaisé aux riverains de la route, l’État, représenté par la Direction des routes d’Île-de-France (DiRIF), a élaboré un projet d’aménagement de la Francilienne entre l’A4 et la RN4.

La DiRIF a pris en charge la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre de ce projet, déclaré d’utilité publique le 19 mai 1999. Le projet comprend plusieurs volets :

  • l’élargissement du tronçon de la Francilienne compris entre l’A4 et la RN4, en passant de deux à trois voies dans les deux sens de circulation ;
  • le réaménagement du terre-plein central et des bandes d’arrêt d’urgence pour garantir la sécurité des usagers ;
  • la rénovation complète des équipements de sécurité et d’exploitation : dispositif d’information SIRIUS, aire de repos…

Des protections acoustiques, construites le long du tronçon, sont prévues pour offrir un cadre de vie plus agréable aux riverains en les protégeant efficacement des nuisances sonores liées au trafic. En outre, la mise aux normes du réseau d’assainissement permettra de préserver l’environnement du secteur : modernisation des bassins de traitement des eaux pluviales, création de nouveaux bassins, systèmes de traitement des eaux de ruissellement…

Financés par l’État et la Région Île-de-France, les travaux ont été organisés en quatre grandes phases, les deux premières étant achevées, la 3e en passe de l’être et la dernière restant à l’étude :

  • la section entre l’autoroute A4 et la RD128 (Boulevard de Beaubourg),
  • la section entre la RD128 et la RD361,
  • la section entre la RD361 et la passerelle des Berchères,
  • la section entre la passerelle des Berchères et la RN4.