Une nouvelle mare pour les amphibiens du bois de Célie

Une nouvelle mare pour les amphibiens du bois de Célie

La Société du Grand Paris participe au maintien de la biodiversité sur les territoires traversés par le Grand Paris Express. Dans le bois de Célie, à Émerainville et à proximité de la future gare Noisy – Champs, elle veille sur les amphibiens et protège leurs milieux naturels :  les mares.

Restaurer cinq mares et en creuser une : c’est notamment à cette condition que la ligne 15 Sud peut, légalement, voir le jour. Les travaux de la gare Noisy – Champs ont fait disparaître deux mares et l’arrêté interpréfectoral de février 2017 autorise la construction de la ligne, mais impose des mesures compensatoires.  Car ce ne sont pas de simples plans d’eau qui ont disparu. Autour d’eux gravitent des écosystèmes dont la survie en dépend. Certains amphibiens, parfois espèces protégées, ont besoin de mares pour vivre et s’y reproduire.

Restaurer l’existant

La Société du Grand Paris a réuni toute une équipe d’écologues à Emerainville dans le bois de Célie, à quelques kilomètres de la nouvelle gare Noisy – Champs. Dans la forêt existent déjà quelques dizaines de plans d’eau, mais beaucoup souffrent de stress hydrique. En février 2017, cinq mares, presque à sec, ont été restaurées. Elles ont été curées, débarrassées des multiples couches de sédiments qui s’y accumulaient d’années en années. Des équipes ont également débroussaillé les alentours afin de limiter les dépôts de feuilles pour l’avenir. Six mois plus tard, les tritons crêtés, alpestres ou ponctués, les crapauds communs, les grenouilles agiles et rousses, de retour, pataugent dedans. La première obligation, la restauration, est donc remplie.

Créer un écosytème

Au mois d’août 2017 est creusée la nouvelle mare en forme de haricot, située dans une clairière. Il ne s’agit pas seulement de creuser à la pelleteuse un simple trou de deux mètres de profondeur. Comme l’explique Aymeric Besse, de Biotope, un bureau d’étude de la faune et la flore, « les amphibiens se reproduisent généralement dans la mare qui les a vus naître. On doit donc compter sur l’audace de certains d’entre eux, pour sortir des sentiers battus… » Les écologues doivent conjuguer plusieurs éléments s’ils veulent que les amphibiens adoptent au plus vite ce nouvel espace. Tout d’abord, en déterminant le meilleur lieu. « On a creusé à proximité d’un étang, explique Aymeric Besse. Notre nouvelle mare, comme à la plage, se remplit progressivement d’eau grâce à l’eau souterraine ». Si besoin, l’eau de pluie complètera l’eau venue du sol.

Une attention particulière est portée sur la nature du sol : on s’assure que sous les premières couches, la terre végétale, puis le calcaire, on dispose bien de l’argile, qui retiendra l’eau.

Ensuite, on crée des pentes douces sur lesquelles de la terre végétale sera disposée pour que des plantes hélophytes y prospèrent. Les libellules seront attirées par cette nouvelle végétation, incitant les amphibiens à s’y implanter à leur tour. Et quid d’y implanter des poissons ? « Non, surtout pas » : des poissons dévoreraient beaucoup de la biodiversité.

Un inspecteur viendra vérifier que les amphibiens sont effectivement de retour car la Société du Grand Paris a une obligation de résultats, assortie d’un suivi obligatoire pendant 30 ans. Un peu de patience et la nature colonisera cette nouvelle mare. Et au vu des soins apportés, il est fort à parier que les tritons et les crapauds y éliront domicile très prochainement.

Savoir plus : Retrouvez tous les documents concernant les travaux à la gare de Noisy – Champs